Gilbert Poillerat (1902-1988)

Né en 1902, Gilbert Poillerat est reconnu de son vivant comme l’un des grands maîtres de la ferronnerie. Il collabore avec les décorateurs les plus réputés de l’époque tels que André Arbus, Jacques Adnet ou Jean Royère. Dès la fin de la période Art Déco, Gilbert Poillerat réalise des pièces uniques ou de petites séries, des commandes privées ou publiques, entre autre pour le Mobilier National.

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Après une formation à l’Ecole Boulle dont il sort diplômé en 1921, Gilbert Poillerat entre comme dessinateur et créateur de modèle chez Edgar Brandt, important ferronnier du bâtiment et industriel français de l’armement, qui a notamment réalisé la flamme sous l’arc de Triomphe. Poillerat exprime son goût du dessin et du métal et saura tout au long de sa carrière plier le fer à l’évolution des modes et du goût de son temps.

A partir de 1931 le style de Gilbert Poillerat se simplifie et se rapproche des formes néoclassiques du XVIIIème siècle. Son style verse dans un onirisme évoquant l’Ecole de Fontainebleau et la préciosité surréaliste mise à la mode par certains décorateurs de l’époque : enroulement de cordage…

A la fin des années 1930, Poillerat s’impose comme le premier ferronnier de sa génération, comparable à Raymond Subes, l’un des plus importants ferronniers d’art français du XXe siècle. Il réalise en 1937 la grille de la porte du Palais de Chaillot, à l’occasion de l’exposition internationale des Arts et Techniques. Poillerat devient professeur à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Le maître-ferronnier s’écarte parfois du monumental pour appliquer ses talents divers à des objets d’intérieur. Au sortir de la guerre, il réalise de plus en plus de pièces de mobilier et trouve sa place parmi les grands créateurs du XXe siècle.

La rareté des beaux objets sur le marché confère désormais une cote souvent très élevée aux créations de Gilbert Poillerat dont on cite le nom aux côtés des grands artistes du XXe siècle et dont les œuvres trouvent leur place dans de grands musées tel que le MAD à Paris et d’importantes collections privées à travers le monde. Une monographie est publiée en 1992 avec une préface écrite par Karl Lagerfeld ainsi qu’un texte de François Baudot. Regroupant une large sélection d’œuvres de Poillerat, cette publication a permis la redécouverte de son travail et a renforcé sa place sur le marché de l’art international.

Gilbert Poillerat présente à la fois une grande légèreté dans les lignes et un dynamisme fort. Il utilise des motifs réalistes tels que cœurs, coquilles saint jacques, passementerie… Ses pièces ont la spécificité de présenter des volumes et des dimensions remarquables ainsi que des proportions toujours parfaites s’inscrivant dans la grande tradition du goût français XVIIIe.

L’imaginaire de Gilbert Poillerat ne cesse de développer un inventaire décoratif d’émerveillement.